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Unité Populaire Pour la Réunion

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Unité Populaire Pour la Réunion
  • L unité Populaire pour la Réunion est une association de fait, qui défend 3 points primordiaux pour la Réunion 1- l autonomie alimentaire 2- l autonomie énergétique 3- la maîtrise de la démographie ICI ET MAINTENANT
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12 décembre 2013

RASSEMBLEMENT CITOYEN POUR L'AUTONOMIE ALIMENTAIRE ICI ET MAINTENANT

 

Les récents événements (grèves, guerres, spéculation sur les denrées alimentaires) montrent que la population réunionnaise peut être une victime collatérale des décisions prises à des niveaux qui ne sont pas les nôtres.
Quelque soit le niveau du stock de sécurité alimentaire disponible actuellement, une pénurie alimentaire de longue durée doit être prévue. Nous demandons solennellement d’organiser l’autonomie alimentaire et de déclarer la terre agricole à La Réunion, bien public global au même titre que l’eau.

Lieu  :  Jardin de la Préfecture à Saint Denis   Horaires  de 10 heures à 13 heures

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19 novembre 2013

Afterres 2050 : le scénario qui imagine l’autre modèle agricole de demain

Transition agricole

Afterres 2050 : le scénario qui imagine l’autre modèle agricole de demain

par 14 novembre 2013

Imaginez un pays où chacun mange sainement, avec une eau de qualité, un usage réduit des pesticides, des émissions de gaz à effet de serre divisées par quatre... Science fiction ? Pour le moment, sans aucun doute. Mais en 2050, pas forcément, si l’on en croit Afterres, un scénario d’utilisation des terres agricoles résolument novateur, imaginé par l’association Solagro, et actuellement à l’étude dans plusieurs régions de France. En modélisant les besoins alimentaires et les pratiques agricoles, Afterres dessine un autre paysage agricole français pour 2050. Et les changements nécessaires pour y parvenir.

Pays de la Loire, 2050. Dans les champs, le maïs a cédé la place aux prairies, avec des légumineuses (comme les haricots, les lentilles, le trèfle ou la luzerne) [1]. Les vaches qui y pâturent sont de race « mixte » : ce sont de bonnes laitières et elles peuvent aussi fournir de très bons steaks. Le nombre de haies dans les champs a doublé, entourant des parcelles agricoles couvertes en permanence par l’une ou l’autre culture, ce qui ralentit l’érosion. La moitié des terres sont cultivées selon le cahier des charges de l’agriculture biologique (contre 4,4% dans les années 2000). L’eau qui coule dans les rivières, et se niche dans les nappes phréatiques, est redevenue « propre », les pesticides ayant quasiment disparus. Et les agriculteurs sont plus nombreux.

À Notre-dame-des-Landes, définitivement débarrassée du projet d’aéroport, les végétariens de la zone à défendre (ZAD), et autres adeptes de la sobriété heureuse, ont fait des émules. Dans toute la région, la consommation de viande a diminué de moitié. Idem pour les produits laitiers. Personne n’a pour autant de carence en calcium. Le lait de vache (avant tout adapté à la croissance des veaux) n’ayant pas le monopole des apports en calcium, contrairement aux croyances répandues au début du 21ème siècle ! Épinards, brocolis, noix, amandes, dattes, sardines, notamment, sont d’excellentes sources de calcium, de même que l’eau.

+ 600% de légumes en 40 ans

Dans les cantines scolaires, au restaurant ou à la maison, les seules denrées venues de loin sont les épices et certains produits de la mer. Oubliées les tomates d’hiver, ou les fraises du mois d’avril. Bienvenue aux fruits et légumes de saison ! Ils permettent de renouveler les saveurs au fil de l’année et de faire d’importantes économies d’énergies, en cessant de chauffer des milliers d’hectares de serres maraîchères. La quantité de légumes cultivés a néanmoins beaucoup augmenté : + 600 % en quarante ans ! On compte également 25% de vergers en plus, et le nombre de vignes a plus que doublé. De quoi embaucher les salariés mis sur le carreau par le secteur agro-alimentaire ou automobile chez les voisins de la péninsule bretonne. Mais qu’est-il donc arrivé ?

Retour en 2013. Le thermomètre s’emballe, le nombre d’affamés et de personnes malades de ce qu’elles mangent augmente, tandis que celui des agriculteurs ne cesse de diminuer. Ces derniers étant de plus en plus nombreux à ne plus vivre de leur métier. La raréfaction des ressources fossiles et les crises climatiques risquent de faire grimper les prix des aliments indéfiniment, les inégalités entre riches et pauvres se creusent... Serions-nous condamnés ? Pas forcément. A condition d’engager dès aujourd’hui un changement radical de nos pratiques agricoles et alimentaires. C’est ce que propose le « scénario de transition » sur lequel a planché Solagro, une association spécialisée dans la réalisation d’éco-bilans et d’études sur les énergies renouvelables. Baptisé Afterres2050, leur réjouissant programme s’étale sur les 40 prochaines années.

Les Pays de la Loire, région test

Afterres2050 décrit l’utilisation possibles des terres en 2050 en France. Ce scénario est le fruit de plusieurs années de recherche, pour modéliser les besoins et comportements alimentaires, les pratiques et les systèmes agricoles, avec leurs multiples variables... L’objectif : montrer « de manière chiffrée » qu’il est possible de nourrir la population française en 2050 (71 millions de personnes), tout luttant contre le changement climatique et en respectant la fertilité des sols, la qualité des eaux, la biodiversité. A condition d’amorcer les changements dès maintenant. L’association s’est appuyé sur une modélisation mathématique (intitulée MoSUT) qui permet de croiser de nombreuses données et hypothèses : « des tonnes de céréales, de foin, des rendements, des hectares, des assolements, des vaches, des poules, des cochons, des protéines, des glucides, des lipides, des habitants, des tonnes équivalent pétrole, des flux d’import-import, pour ne citer que les paramètres les plus évidents ».

Quatre conseils régionaux prévoient pour le moment de décliner le scénario national à l’échelon local. Dans les pays de la Loire, c’est une association, Virage énergie climat, qui s’est lancée. Deuxième région agricole de France en termes de production, avec notamment 51% de la production de viande, les Pays de la Loire, c’est un peu la France agricole en modèle réduit. A ceci près que l’agriculture biologique y est un peu plus développée. Reste que pour parvenir aux objectifs d’autonomie imaginés par Afterres, qui permettent une division par quatre des émissions de gaz à effet de serre d’origine agricole, cette terre d’élevage va devoir traverser de grands chamboulements. Le cheptel global de bovins sera divisé par deux. Celui des vaches à viande par six !

« Le fait de privilégier les races à viande est très récent dans l’histoire de l’agriculture, et directement lié à l’agriculture industrielle d’après-guerre », explique Mathieu Doray, de Virage énergie climat. « Les races anciennes qui servaient à tracter les engins ont été sélectionnées pour cela, puisqu’elles étaient robustes et pleines de muscles, ajoute Christian Couturier, l’un des co-penseurs du scénario Afterres. Mais c’est une production de luxe, qui consomme énormément de ressources et d’espaces. C’est donc une parenthèse qui doit se refermer. Il faut revenir à des races mixtes, qui donnent du lait, et que l’on peut manger. » Et pour rendre l’élevage bovin moins dépendant du prix des céréales, il faut les remettre au régime herbager. Des vaches qui mangent de l’herbe, donc.

Des besoins nutritionnels au paysage agricole

Cette diminution du bétail est une conséquence directe du changement de régime alimentaire. « Nous sommes partis des besoins nutritionnels (les nôtres et ceux des cheptels) avant d’envisager les moyens de production », détaille Christian Couturier. Et de prévenir : « Il sera impossible de nourrir et d’alimenter en énergie et en matériaux les 70 millions de français(es) prévu(e)s en 2050, en conservant nos habitudes de consommation actuelles ».

Est-ce problématique ? Pas forcément, si l’on en croit l’Organisation mondiale de la santé, qui estime que notre alimentation, trop riche, joue un rôle clé dans l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques telles que l’obésité [2], le diabète, les maladies cardiovasculaires, certains cancers et l’ostéoporose [3]. Sans oublier les méfaits sanitaires liés aux pesticides, épandus dans les champs puis ingérés.

Dans l’assiette de 2050, la consommation journalière de protéines passerait de 90 à 55 grammes pour un adulte, selon le scénario Afterres. Un chiffre proche de celui recommandé par les nutritionnistes [4]. En plus de diminuer, les apports en protéines seront diversifiés. Ils ne proviennent plus exclusivement des animaux, mais aussi de sources végétales (à 62 %), telles que les fèves, pois et lentilles. Et le sucre diminuerait de 14 à 11% de nos apports énergétiques quotidiens, soit l’équivalent de 4 morceaux de sucre par jour en moins sur les 20 ingérés aujourd’hui.

Manger, mais pas seulement

Afterres2050 considère l’agriculture comme une source d’alimentation, mais aussi d’énergie et de matériaux. C’est pourquoi les scénarios Afterres et négaWatt – scénario de transition énergétique – fonctionnent ensemble. « Ils sont imbriqués l’un dans l’autre », explique Christian Couturier. En 2050, une grande partie des déjections animales sera transformée par la méthanisation, ce qui permet à l’agriculture de produire l’énergie dont elle a besoin pour fonctionner, tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Un processus de méthanisation qui peut commencer dès à présent.

Toutes ces évolutions permettront, selon le scénario, de « libérer » 5 à 8 millions d’hectares de terres, qui pourront être utilisées, dès 2025, pour d’autres usages que la production d’aliments. En Pays de la Loire, environ 14 000 ha de terres arables seraient ainsi alloués à la production de matériaux bio-sourcés (chanvre, lin...), afin d’alimenter les filières bâtiment et textile. La production d’agro-carburants (sur environ 25 000 hectares) commencerait sur des terres arables libérées en 2035, lorsque la triple transition – nutritionnelle, agricole et énergétique – « sera suffisamment engagée pour rendre à nouveau légitime l’utilisation de terres arables pour des productions non alimentaires ». Afterres2050 s’est par ailleurs penché sur une gestion alternative de la forêt française, source importante d’énergie.

Que vont dire les paysans ?

Comment les professionnels du secteur vont-ils accepter ce nécessaire changement de pratiques ? « Il est évident que le dossier que l’on pose sur la table est plutôt lourd, concède Mathieu Doray. Dans une région laitière telle que la nôtre, on a d’emblée un désaccord avec les producteurs de lait intensifs. Moins avec les éleveurs bio qui sont déjà une logique de désintensification ». Afterres2050 peut aussi être pris comme une occasion unique de sortir par le haut d’une crise du secteur laitier qui n’en finit pas de ruiner les agriculteurs, et de susciter leur colère. « Les éleveurs laitiers veulent avoir des perspectives. Ils voient bien que le fait de taper sur la grande distribution ne va pas suffire », rebondit Christian Couturier.

« La diminution du nombre d’animaux ne signifie pas que l’on va réduire le nombre d’agriculteurs », précise Mathieu Doray. Côté emploi, Afterres2050 n’a encore rien défini. Tout reste à chiffrer. « Dans notre scénario, on a 50% d’agriculture bio et 50% d’agriculture intégrée. Si cette méthode ne supprime pas totalement le recours aux pesticides de synthèse, elle en réduit fortement l’utilisation, en les utilisant uniquement en derniers recours, explique Mathieu Doray. Ces deux systèmes demandent plus de main d’œuvre que l’agriculture intensive. Donc, on suppose que globalement, on va plutôt créer des emplois. On a aussi chez nous une grosse industrie agroalimentaire, notamment en Mayenne. Mais on peut très bien imaginer transformer des protéines végétales... » Ou de mettre en route des filières de conserves sans pesticides ni bisphénol A...

« Plusieurs secteurs agricoles sont en crise, et ce n’est pas le scénario Afterres qui a provoqué ces crises, poursuit Christian Couturier. L’agriculture va de toute façon être obligée de se réorganiser. Et les mutations à venir vont être sévères. Il nous faut définir de nouvelles perspectives, en fonction du changement climatique et de ses impacts. En tenant compte des nécessités de stockage du CO2 (dans la biomasse, ndlr), et de production d’énergie à partir de ressources renouvelables. La question, c’est donc : comment on accompagne ce changement ? Avec une fuite en avant, et des marchés mondiaux de plus en plus compétitifs totalement incertains ? Ou en imaginant un autre modèle de développement agricole ? » Un modèle dont Afterres veut poser les bases. Et montrer que des changements sont possibles.

Nolwenn Weiler
@NolwennWeiler sur twitter

Photo : CC Lars Heidemann / CC Charles Knowles

Infographies : Association virage énergie Climat

- Le scénario Afterres2050

19 novembre 2013

Une société japonaise invente une voiture alimentée à l'eau

http://www.youtube.com/watch?v=6lTPpRaOPrg&feature=share

19 novembre 2013

Fukushima, le mois de tous les dangers

Fukushima, le mois de tous les dangers

Tepco avait fixé au 15 novembre la sortie de la piscine du réacteur N°4 des 1533 assemblages, neufs ou usagés, opération particulièrement complexe.

Il s’agit en effet de conjuguer plusieurs facteurs qui compliquent énormément la tâche : sortir de la piscine dévastée, perchée à 30 mètres au-dessus du sol, remplie de différents éléments d’aciers qui sont tombés lors de l’explosion, gérer la sortie de la piscine des barres d’assemblages, dont certaines sont manifestement brisées, et le tout sans que jamais ces éléments se retrouvent à l’air libre.

On comprend mieux l’inquiétude des scientifiques du monde entier, car si l’opération se soldait par un échec, il y aurait un énorme dégagement de radioactivité, qui se propagerait bien au-delà des frontières du Japon. vidéo

C’est ce que martèle depuis avril 2012 l’ex diplomate japonais, Akio Matsumura, affirmant qu’il s’agit d’un danger au-delà de tout ce qu’on a connu (lien) ce que confirmait le professeur Koichi Kitazawa, évoquant que le pire pourrait advenir qui menacerait la survie du Japon. lien

Jacky Magne qui a vécu de longues années au Japon est inquiète à juste titre, et assure qu’au Japon, la population n’est pas tenue au courant du risque que cette opération va lui faire courir.

Personne ne sait à ce jour combien de temps prendra cette délicate opération : 1 an, 2 ans, plus ? …et il est difficile de l’estimer car cela n’a jamais été tentée dans le monde.

Tepco mise sur un délai d’un an pour l’enlèvement de tous ces assemblages, mais d’après Murray Jennex, professeur à l’université de San Diego, et expert en confinement nucléaire, estime : « ce sera probablement plus long que ce qu’ils pensent, et ils vont probablement rencontrer des problèmes », d’autant que l’exploitant avait préalablement imaginé que l’opération demanderait au moins deux ans. lien

Chacun des 1533 assemblages, qui pèsent en moyenne 172 kg et mesurent environ 4 mètres, doivent être dégagés de leurs compartiments, afin d’être placés dans un container cylindrique de 100 tonnes, puis évacués, les uns après les autres, en direction d’une autre piscine posée sur le sol.

Il resterait donc 1331 assemblages de combustible usé, et 202 assemblages neufs, et si habituellement cette opération se fait sous contrôle d’ordinateurs, devant se dérouler au millimètre près, elle prendrait normalement environ 3 mois, mais cette fois-ci, il n’y a pas d’ordinateurs, et pour cause, la centrale ayant été dévastée lors des différentes explosions, même si Tepco assure que la grue de levage serait contrôlée à distance, et serait informatisée, sauf que dans la situation actuelle un contrôle manuel de la grue lors de l’accrochage des assemblages sera essentiel.

La technique qui va être utilisée consiste à loger dans un cylindre de 5,5 mètres de long et de 2,1 m de diamètre, 22 « grappes » de combustible, en les maintenant hors de contact avec l’air, puis en les déposant dans une autre piscine située à une centaine de mètres du réacteur n°4.

C’est le 18 novembre, à 12h30, que le premier cylindre métallique a été plongé dans l’eau de la piscine, et l’exploitant assure qu’il faudra une semaine pour mener à bien cette première extraction, choisissant de commencer par extraire les assemblages neufs. lien

6 ingénieurs équipés de caméras sous marine vérifieront qu’il n’y ait pas, lors de chaque transfert, la présence de débris métalliques, ou de béton. lien

Mission délicate car l’on sait les taux élevés de radioactivité qui se dégagent du lieu, et ils ne pourront pas prolonger indéfiniment leur présence sans prendre un risque pour leur santé, malgré les 3 paires de gants, les combinaisons, et autres accessoires de protection.

Il s’agit donc de manipuler 400 tonnes de combustible irradiés, et si l’opération se passait mal, il faut savoir que le contenu de cette piscine représente l’équivalent de 14 000 fois la radioactivité libérée lors de l’explosion d’Hiroshima.

C’est en tout cas ce qu’estime Hiroaki Koide, professeur à l’institut de recherche sur les réacteurs à l’université de Kyoto, en se basant sur la quantité de césium 137 qui pourrait être relâché par les assemblages de la piscine en cas d’accident. lien

Or le risque est grand qu’un assemblage se rompe s’il se coince, ou s’approche trop près d’un autre assemblage, comme l’affirment Mycle Schneider et Antony Froggat, tous deux experts en matière nucléaire, et qui ont déclaré dans leur récent rapport : «  la libération dans l’atmosphère de toute la radioactivité contenue dans la piscine du n°4 pourrait provoquer de loin la plus grave catastrophe que le monde ait jamais connu à ce jour  ».

Tepco avait déjà procédé à l’enlèvement de 2 assemblages neufs lors d’une opération de test, mais ces assemblages neufs représentent moins de danger que les autres. lien

Signalons aussi que dans cette piscine se trouvent au moins 3 assemblages endommagés, et que leur extraction posera donc encore plus de problèmes. lien

Or auparavant, il y avait au dessus de cette piscine un pont roulant, lequel permettait de plonger ou d’extraire ces assemblages en toute sécurité, mais les différentes explosions qui ont frappé la centrale ont rendu ce pont roulant inutilisable, d’autant que des parties de celui-ci sont tombées dans la piscine.

Ajoutons que les renforts de structure réalisés par l’entreprise nucléaire afin de parer à de nouveaux tremblements de terre ne sont pas totalement de nature à rassurer.

Tepco a garanti la stabilité de la piscine si le bâtiment était secoué verticalement, mais a admis que des secousses qui agirait horizontalement ne permettrait pas au bâtiment de résister.

Actuellement, une couverture souple a été placée au dessus de cette piscine, et elle devra être bien sur enlevée pour permettre à la grue de secours d’entreprendre l’extraction des barres.

De plus, cette piscine souffre de défauts d’étanchéité, fuites que Tepco avait d’ailleurs confirmé dès les premiers jours qui ont suivi la catastrophe.

Ajoutons pour compléter le tableau que l’eau de mer ajoutée dans la piscine a naturellement augmenté la salinité de celle-ci, provocant probablement plus de corrosion sur les assemblages de combustible, d’autant que des petits morceaux de béton ont été repérés dans les assemblages. lien

Le fait que le personnel qui va s’attacher à cette délicate tâche ne soit pas réellement qualifié n’arrange rien, d’autant que l’importante radioactivité qui se dégage ne permet pas de rester trop longtemps sur place, et que le personnel qualifié a déjà atteint la dose maximale admissible, ne pouvant donc pas intervenir sur le site.

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Le vrai risque est évidemment le décrochage d’un assemblage, et que celui ça retombe dans la piscine de désactivation, ou que ces assemblages se retrouvent à l’air libre, provocant la montée en chaleur, et faisant craindre un risque de criticité.

Comme chacun sait, ce risque est celui de déclencher une réaction en chaîne de fission incontrôlée. lien

C’est ce que confirme l’expert Arnie Gundersen expliquant : « il existe un risque de criticité involontaire si des faisceaux se tordent et s’approchent trop près les uns des autres (…) le problème avec une criticité de la piscine de refroidissement est qu’on ne peut la stopper, puisqu’il n’y a évidemment pas de barres de contrôle pour la gérer. Le système de refroidissement de la piscine n’est conçu que pour enlever la chaleur de désintégration, non celle d’une réaction nucléaire en cours », confirmant que « les barres sont vulnérables aussi à un incendie si elles sont exposées à l’air ».

Or si ce risque est connu et peut être limité dans le cas d’une situation classique, on ne voit pas bien comment il pourrait être combattu avec succès dans la situation actuelle que connait Fukushima. lien

Outre l’état délabré de toute la centrale, il ne faut pas oublier qu’il y a encore dans la zone une autre piscine qui contient elle aussi des assemblages radioactifs, et qu’un problème survenant dans la piscine du n°4 pourrait se propager jusqu’à l’autre piscine avec les conséquences que l’on imagine.

Alors bien sur Tepco affirme « nous sommes en train d’étudier les risques et les contre-mesures  », mais quelle crédibilité donner à un exploitant qui n’a cessé de donner des informations mensongères ou incomplètes ?

Pourtant, il n’y a rien d’autre à faire que de tenter cette délicate opération… espérant que tout se passera bien.

On s’interroge pourtant sur l’aspect de l’aide internationale maintes fois souhaitée par les experts du monde entier et sur la réaction du Japon, actionnaire majoritaire, qui fait oui de la tête, mais qui pourtant ne l’avalise pas. lien

Pourtant, Yusutero Yamada, un ingénieur à la retraite a demandé, lors d’une tournée aux USA, une intervention internationale de toute urgence, espérant que soit retiré à Tepco la gestion de la catastrophe. lien

C’est une grosse responsabilité prise par le gouvernement, car si le pire scénario se réalisait, il aurait à rendre des comptes à la justice internationale. lien

Il n’y a donc plus qu’à espérer que tout se passe bien, car comme dit mon vieil ami africain : « un homme qui se noie cherche à s’agripper même à une paille de riz ».

 

« L’image illustrant l’article vient de « laradioactivité.com »

Merci aux internautes de leur aide précieuse

Olivier Cabanel

L’observatoire du nucléaire est menacé, pour le soutenir, ici

Sites à visiter :

Le blog de Fukushima

Fukushima Diary

Scoop It

19 novembre 2013

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

Lutte des classes

Monique Pinçon-Charlot : « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps »

par 5 novembre 2013

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ? Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres... Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra... Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]...

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage... Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches...

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »...

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports... Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations...) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard... Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %... Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie... C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe.

Propos recueillis par Agnès Rousseaux

(@AgnesRousseaux)

Photo de une : complexe de Paraisópolis, à proximité d’une favela, au sud de São Paulo (Brésil) / Tuca Vieira

A lire : Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, La violence des riches, Chronique d’une immense casse sociale, Éditions Zones / La découverte, 2013, 256 pages, 17 euros.

Notes

[1Monique Pinçon-Charlot est sociologue, ancienne directrice de recherche au CNRS. Elle a notamment publié avec Michel Pinçon Les Ghettos du Gotha. Comment la bourgeoisie défend ses espaces (Le Seuil, 2007), et Le Président des riches. Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy (Zones/La Découverte, Paris, 2010).

[2Pour plus d’information sur ce sujet, voir la liste des personnalités qui siègent dans les conseils d’administration des grands musées.

[3Chiffres établis par le mensuel Alternatives économiques.

[4De quarante à trente heures par semaine avec simultanément une baisse de salaire de 25 % à 30 %.

[5Paul Nizan, Les Chiens de garde, 1932

[6Voir Ces messieurs de Lazard, par Martine Orange, éd. Albin Michel, 2006

[7Comme cela a été fait pour les grands patrons du secteur public qui ne peuvent plus être payés plus que 20 fois la moyenne des salaires de l’entreprise.

[8Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations

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23 octobre 2013

DEBAT PUBLIC DIMANCHE 27 OCTOBRE A ST PAUL PARKING EN FACE LA BROCANTE DE 9 HEURES A 12 HEURES

Rendez-vous pour une matinée débat public organisée par l'Up.réunion de 9 heures à 12 heures dimanche 27 octobre sur la parking face à l entrée sud de la brocante de St Paul....discussions ouvertes à tous...de 9 heures à 10 heures AUTONOMIE ALIMENTAIRE de 10 heures à 11 heures AUTONOMIE ENERGETIQUE de 11 heures à 12 heures MAITRISE DE LA DEMOGRAPHIE...à bientôt....VENEZ NOMBREUX

23 octobre 2013

PREPARONS NOUS, PENSONS A NOUS D’ABORD

PREPARONS NOUS, PENSONS A NOUS D’ABORD

La lettre qui suit a été envoyée nominativement à chaque maire, député, sénateur et président de conseil de La Réunion.
Les réponses, s’il y en a, seront intégralement publiques.

Les récents évènements (grèves, guerres, spéculation sur les denrées alimentaires) montrent que la population réunionnaise peut être une victime collatérale des décisions prises à des niveaux qui ne sont pas les nôtres.
Quelque soit le niveau du stock de sécurité alimentaire disponible actuellement, une pénurie alimentaire de longue durée doit être prévue. Nous vous demandons solennellement d’organiser l’autonomie alimentaire et de déclarer la terre agricole à La Réunion, bien public global au même titre que l’eau.

En conséquence, il convient :

•De remembrer dans l’intérêt général de La Réunion

•D’exercer un droit de préemption d’intérêt public lors de vente de terres agricoles. Les terres agricoles acquises par la collectivité deviennent inaliénables.

•De stopper l’extension de l’urbanisme sur les terres agricoles.

•D’attribuer à tout ménage qui en fera la demande une parcelle de 150 à 200 mètres carrés afin d’en tirer profit pour sa subsistance.

Pour ces attributaires :

L’utilisation d’intrants chimiques dans la production est interdite, seuls les amendements respectueux des équilibres biologiques sont autorisés.

L’usage de machine de traitement du sol par procédé mécanique est prohibé.

Aucune construction n’est autorisée, hormis un poulailler d’une superficie maximale de 2 m2 au sol.

•Les personnes disposant d’un diplôme attestant d’une formation agricole pourront demander l’attribution d’une parcelle d’un hectare, l’inscription comme exploitant sera obligatoire.

•D’aider à la création de coopératives d’échanges de semences agricoles de variété non OGM, de conseils, d’expertises.

•De prendre à la charge de la collectivité, l’organisation de la distribution d’eau, une participation sera demandée aux attributaires de parcelles, elle est la même sur tout le territoire de La Réunion

Nous n’appréhendons pas toutes les conséquences sociales des ces actions à mettre en œuvre sans délai, mais nous sommes persuadés que le bénéfice sera pour les Réunionnais.
Réagissons d’urgence pour la Réunion ; dans l’espérance qu’ici et maintenant naisse l’unité.
Nous vous demandons de nous donner votre position sur ce projet.
COMMUNIQUE DE L’UNITE POPULAIRE POUR LA REUNION

22 octobre 2013

Présentation de l UP REUNION

L Unité Populaire pour la Réunion est une association de fait, l'association du Bon Sens, celui qui doit nous mener à une vie meilleure sur notre ile.

cette association a pour but de rassembler un maximum d'associations qui defendent les trois points fondamentaux de notre mouvement de pensée :

L Autonomie alimentaire

L Autonomie énergétique

La Maîtrise de la démographie....

 

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